Snowboard
Comment sauter en snowboard : du ollie au premier kicker
Avant de voler, il faut savoir atterrir. Du ollie à plat au petit kicker du snowpark, voici la progression et la préparation des réceptions.
Pour sauter en snowboard, on apprend d’abord le ollie à plat, puis le pop sur une petite bosse, et seulement ensuite un petit tremplin (le kicker) de snowpark. Le saut se décompose toujours en quatre temps : une approche droite à vitesse contrôlée, une impulsion au bord du saut, une position compacte et centrée en l’air, puis une réception jambes souples dans la pente. La hauteur vient de la vitesse et du tremplin, pas de la force : le premier objectif est d’atterrir sur ses deux pieds, pas de voler.
Êtes-vous prêt à sauter ?
Avant le premier kicker, quelques critères simples, à vérifier honnêtement :
- Vous enchaînez des virages contrôlés sur une piste bleue, sur les deux carres, et vous savez vous arrêter rapidement des deux côtés.
- Vous pouvez glisser tout droit, planche à plat, sans accrocher une carre.
- Vous savez faire un ollie à plat et retomber équilibré.
- Vous avez descendu quelques mètres en switch, l’autre pied devant. En cas de réception un peu tournée, c’est ce qui vous évite la chute.
Si un point manque, reprenez les bases du guide pour apprendre le snowboard : le saut ne fait qu’amplifier les défauts de posture.
Le ollie à plat, la base de tout
Le ollie est un saut que l’on crée soi-même en utilisant l’élasticité de la planche. Il sert à franchir un petit obstacle, à sauter sur une box ou à décoller d’une bosse quand on arrive lentement. Les anciens skateurs reconnaîtront le mouvement : c’est le même principe qu’en skate, et le skate comme entraînement croisé est d’ailleurs un excellent moyen de travailler le timing hors saison.
Étape 1 : à l’arrêt
Sur du plat, en position de base, genoux fléchis. Transférez votre poids vers le pied avant pour charger la planche, puis basculez-le franchement vers le pied arrière, de façon à faire plier l’arrière de la planche (le tail). C’est le chargement du ressort.
Étape 2 : l’impulsion
Levez le pied avant et ramenez le genou vers la poitrine, puis poussez sur le tail avec le pied arrière et ramenez-le à son tour. La planche quitte la neige par l’arrière, comme un ressort qu’on libère. Retombez sur les deux pieds en même temps, genoux pliés.
Étape 3 : en glissant
Refaites le même mouvement en glissant tout droit sur une pente très douce, puis en traversant la piste. Répétez jusqu’à ce que le geste soit fluide et que vous retombiez droit, sans que la planche tourne.
Le nollie
Le nollie est l’inverse : on charge l’avant de la planche (le nose), on lève le pied arrière et on décolle par l’avant. Il est plus difficile et sert surtout pour le style, sur de petits reliefs ou des modules. Ce n’est pas un prérequis pour votre premier saut.
Le pop : sauter d’un relief
Le pop sert quand le relief fait déjà le travail : une bosse, un bord de piste, un kicker. Il crée moins de hauteur que le ollie, mais il stabilise : vous quittez le relief à plat, poids réparti sur les deux pieds, en vous grandissant légèrement au bord puis en remontant les genoux. Commencez sur une petite bosse de bord de piste, à faible vitesse, avant de passer au snowpark.
Votre premier kicker en snowpark
Choisir le module
Dans la plupart des snowparks, les modules sont classés par taille ou par couleur. Commencez par la ligne la plus facile, souvent signalée par une couleur verte ou une taille XS ou S. Un kicker se compose d’une prise d’élan, d’une rampe d’envol, d’une table plate et d’une réception en pente. Le but est d’atterrir dans la pente de réception, jamais sur la table plate : c’est là que les genoux et le dos souffrent.
Repérer avant de sauter
Faites un premier passage à côté du module pour regarder la rampe, la table et la réception. Puis observez d’autres riders : d’où partent ceux qui atterrissent proprement dans la pente ? Repérez ce point de départ, il vous donne la bonne vitesse. Trop lent, vous tombez sur la table ; trop vite, vous dépassez la zone de réception.
L’approche et l’impulsion
Partez du point repéré, planche droite et à plat sur la rampe : pas de virage ni de carre engagée dans les derniers mètres. Genoux fléchis, bras légèrement écartés, regard sur le bord du kicker puis vers la réception. Au bord, grandissez-vous doucement, sans forcer. Pas de grand coup de reins, qui fait basculer en arrière ou en avant.
En l’air
Remontez les genoux vers la poitrine, gardez le haut du corps aligné avec la planche et le regard sur la réception. Si les épaules tournent au décollage, la planche tourne aussi : vérifiez que les épaules restent dans l’axe de la planche pendant l’approche.
La réception
Posez les deux pieds en même temps, planche à plat ou très légèrement sur l’arrière, jambes souples pour amortir. Ne freinez pas brutalement en bas de la réception : laissez filer un peu, puis ralentissez progressivement. Freiner trop tôt, c’est la chute assurée. Dégagez ensuite rapidement la zone de réception.
Sauter plus haut
Une fois le geste acquis, la hauteur vient de trois choses : un pop plus franc (charger et libérer le tail au bon moment, ni trop tôt ni trop tard), une vitesse adaptée au module, et des genoux qui remontent haut en l’air. Augmentez une seule chose à la fois, par petites touches, et passez à un module plus grand seulement quand vous atterrissez proprement dix fois de suite sur le précédent.
Préparer les réceptions hors neige
Les tutoriels oublient ce point : la réception est une charge brutale pour les genoux et les chevilles. Un peu de pliométrie légère, deux fois par semaine pendant les six semaines qui précèdent la saison, prépare les jambes :
- Sauts groupés sur place, réception silencieuse et genoux pliés : 3 x 6.
- Réceptions amorties depuis une marche basse (une vingtaine de centimètres) : 3 x 5, en tenant la position deux secondes.
- Sauts latéraux par-dessus une ligne : 3 x 10.
- Équilibre sur un pied, puis petits sauts sur un pied : 3 x 20 secondes par jambe.
- Gainage ventral et latéral : 3 x 30 secondes.
La qualité prime sur la quantité : genoux dans l’axe des pieds, jamais vers l’intérieur à la réception. Arrêtez dès que le geste se dégrade.
Sécurité et règles du snowpark
Portez un casque, et une protection dorsale si vous en avez une. Ne vous arrêtez jamais dans la zone de réception ni derrière la bosse d’un kicker, où l’on ne vous voit pas. Attendez votre tour, signalez votre départ, et regardez toujours que la réception est libre. Sautez frais : le dernier passage de la journée, jambes fatiguées, est souvent celui de trop. Quand les sauts seront réguliers, la suite logique en snowpark est la barre de slide en snowboard, qui réutilise le ollie pour monter sur le module. Les autres guides techniques sont dans la rubrique snowboard.
Sauter en snowboard : vos questions
Quelles sont les astuces pour sauter plus haut ?
Travaillez d’abord un pop franc : chargez l’arrière de la planche et libérez-le juste au bord du relief. Remontez ensuite les genoux vers la poitrine en l’air, ce qui donne de la hauteur et de la stabilité. Adaptez la vitesse au module en observant les riders qui atterrissent bien. Changez une seule chose à la fois et préparez vos jambes avec un peu de pliométrie avant la saison.
Faut-il savoir faire un ollie avant de sauter un kicker ?
Mieux vaut, oui. Le ollie à plat apprend à charger et libérer la planche, à rester centré et à retomber sur les deux pieds en même temps. Sur un petit kicker, on utilise plutôt un pop discret que le ollie complet, mais les sensations sont les mêmes. Sans cette base, le décollage devient approximatif et la réception aussi.
Comment savoir si l'on est prêt pour le snowpark ?
Vous êtes prêt quand vous enchaînez des virages contrôlés sur une piste bleue, que vous savez vous arrêter vite sur les deux carres, glisser planche à plat sans accrocher et faire un ollie à plat. Quelques mètres en switch aident aussi. Commencez par la ligne de modules la plus facile, repérez avant de sauter et respectez les règles du parc.