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Autres glisses

Débuter le sandboarding : matériel, technique et où glisser sur le sable

Le snowboard sur les dunes : la planche, le fart, les premières descentes et l'effort de la remontée à préparer.

Une femme marche sur une dune de sable, sa planche de sandboard à la main

Le sandboarding, c’est du snowboard sur une dune de sable : on descend debout, les pieds attachés à une planche, en virant sur les carres comme sur la neige. Pour débuter, il faut une planche de sandboard (ou un vieux snowboard que vous acceptez d’abîmer), un pain de fart à repasser avant chaque descente, une dune à pente régulière sans obstacle, et de bonnes jambes : il n’y a pas de remontée mécanique, chaque descente se paie par une montée à pied dans le sable. Si vous savez déjà tenir sur un snowboard, les premiers virages viennent vite ; sinon, comptez une ou deux sessions pour trouver l’équilibre.

Ce que le sandboard emprunte au snowboard et au surf

La position est celle du snowboard : de profil, pied gauche devant (regular) ou pied droit devant (goofy), genoux fléchis, regard dans la pente. Les virages se font sur la carre côté talons et sur la carre côté orteils, avec les mêmes transferts de poids. Si vous avez déjà suivi notre guide pour bien débuter le snowboard, vous avez déjà l’essentiel des bases.

Le sable change pourtant la donne. Il freine bien plus que la neige : il faut une pente plus raide pour prendre de la vitesse, et la planche ralentit vite dès que la pente faiblit. Il ne pardonne pas le nez qui pique : si la spatule s’enfonce, la planche s’arrête net et vous passez par-dessus. D’où une règle simple : gardez le poids centré, voire légèrement sur le pied arrière, et évitez les carres trop prises qui creusent le sable. Du surf, le sandboard garde la lecture du terrain : une dune change de forme avec le vent, et chaque face se regarde avant de s’élancer, comme on observe un spot avant d’entrer à l’eau.

Le matériel pour débuter

La planche

Une planche de sandboard ressemble à un snowboard, avec une semelle plus dure et lisse, pensée pour résister à l’abrasion du sable. Les fixations sont souvent plus simples : de larges sangles, parfois des fixations de snowboard classiques. Un vieux snowboard fonctionne pour essayer, mais sa semelle s’use et se raye vite, et il glisse moins bien qu’une planche dédiée. Sur place, en voyage, la plupart des loueurs et des excursions fournissent la planche : c’est la solution la plus simple pour un premier essai.

Le fart

Sans fart, une planche colle au sable. On utilise un pain de paraffine, frotté à froid sur toute la semelle avant chaque descente, ou toutes les deux descentes selon le sable. C’est le geste que les débutants oublient, et la raison la plus fréquente d’une première descente décevante. Sur un sable fin et sec, le fart tient moins longtemps ; sur un sable un peu humide le matin, la glisse est souvent meilleure.

Les protections et le reste

  • Casque et protège-poignets : le sable paraît mou, il ne l’est pas à pleine vitesse, et les chutes vers l’avant sollicitent les poignets.
  • Lunettes ou masque : le sable soulevé par le vent et par la planche finit dans les yeux.
  • Chaussures : le sable d’une dune exposée devient brûlant en milieu de journée. Des chaussures légères tenues par la fixation valent mieux que les pieds nus.
  • Eau et protection solaire : aucune ombre sur une dune, et la remontée fait transpirer.

Les premières descentes, étape par étape

  1. Choisissez la pente : une face courte, régulière, sans végétation ni rochers, avec une zone de sortie plate en bas. Évitez les crêtes en corniche, qui peuvent s’effondrer.
  2. Fartez, chaussez-vous assis dans le sable, la planche en travers de la pente pour qu’elle ne parte pas seule.
  3. Première descente en dérapage : debout sur la carre côté talons, face à la vallée, laissez glisser la planche en travers, en relâchant puis en reprenant de l’appui. C’est le frein de base, comme sur neige.
  4. Petite trace droite sur le bas de la pente, poids centré, pour sentir la vitesse sans risque.
  5. Premiers virages : regardez où vous voulez aller, tournez les épaules, et laissez la planche suivre en passant d’une carre à l’autre.

Les variantes assises ou allongées, sur une planche sans fixation, sont un bon moyen de faire découvrir la dune aux enfants. Elles vont vite : gardez-les pour des pentes douces avec une sortie dégagée.

L’effort de la remontée : à préparer

C’est ce qu’on sous-estime le plus. Monter une dune revient à gravir un escalier dont chaque marche se dérobe sous le pied : cuisses, fessiers et mollets brûlent, le cœur grimpe, et la chaleur s’en mêle. Une descente de quelques dizaines de secondes peut demander plusieurs minutes de montée. Quelques semaines avant un voyage, préparez vos jambes :

  • Montées d’escaliers ou de côte, 2 fois par semaine : 6 à 10 montées de 30 à 60 secondes, redescente en marchant.
  • Fentes avant et squats : 3 x 12 de chaque, pour encaisser les flexions de la descente.
  • Montées sur pointes de pieds : 3 x 15, pour les mollets qui travaillent dans le sable mou.
  • Une à deux sorties de course facile de 30 minutes pour la caisse.

Sur place, glissez tôt le matin ou en fin d’après-midi, quand le sable et l’air sont moins chauds, et buvez avant d’avoir soif : notre article sur l’hydratation à l’effort détaille comment. Arrêtez-vous dès que les jambes tremblent : en fin de session, la fatigue multiplie les chutes.

Où faire du sandboard

En France

Les grandes dunes françaises sont littorales et protégées. Sur la côte landaise comme ailleurs, les dunes sont des milieux fragiles dont l’accès est souvent limité aux sentiers balisés : glisser sur une dune bordière abîme la végétation qui la retient. La dune du Pilat, la plus haute d’Europe, est un site classé ; renseignez-vous auprès de son gestionnaire sur ce qui y est autorisé avant d’y monter avec une planche. Les occasions de pratiquer légalement en France restent donc rares : c’est une limite à connaître.

En voyage

C’est là que le sandboard se pratique le plus. Au Maroc, des sorties sont proposées au départ d’Agadir et de Marrakech, et les grands ergs du sud offrent de hautes dunes. La Namibie, l’oasis de Huacachina au Pérou et Port Stephens en Australie sont d’autres destinations connues pour la glisse sur sable. Avant de réserver une excursion, demandez si la planche est fartée et si un casque est fourni, et vérifiez la hauteur de la dune proposée : pour un débutant, une pente moyenne vaut mieux qu’une face géante.

Pour qui veut garder ses sensations de glisse hors saison, le sandboard rejoint les autres sports d’hiver sans neige, comme le skate ou le surf.

Sandboarding : vos questions

Peut-on faire du sandboard avec un snowboard ?

Oui, pour essayer, à condition d’accepter d’abîmer la planche : le sable raye et use la semelle plus vite que la neige, et un snowboard glisse moins bien qu’une planche de sandboard à semelle dure. Fartez-le à la paraffine avant chaque descente. Pour pratiquer régulièrement, une planche dédiée, ou la location sur place, reste le meilleur choix.

Où faire du sandboard en France ?

Les occasions sont rares, car les grandes dunes françaises sont littorales, fragiles et protégées, avec un accès souvent limité aux sentiers. La dune du Pilat est un site classé : renseignez-vous auprès de son gestionnaire sur ce qui y est autorisé. La plupart des pratiquants découvrent donc le sandboard en voyage, au Maroc, en Namibie ou au Pérou.

Comment farter une planche de sandboard ?

Frottez un pain de paraffine à froid sur toute la semelle, en couvrant bien la spatule et le talon, juste avant de descendre. Renouvelez l’opération à chaque descente ou toutes les deux descentes, car le sable use vite la couche. Une planche mal fartée colle et s’arrête net, ce qui provoque des chutes vers l’avant chez les débutants.

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