Préparation physique
Hydratation et sport : combien boire, quand et quoi boire
Combien boire avant, pendant et après l'effort, comment repérer la déshydratation et préparer sa boisson isotonique maison : les repères simples d'un coach d'endurance.
En sport d’endurance, la bonne hydratation tient en trois repères : arriver à la séance déjà hydraté, boire pendant l’effort de quoi limiter la perte de poids à 2 % environ, puis compenser après ce que la balance indique. Pour une sortie de moins d’une heure, l’eau suffit. Au-delà, ou par forte chaleur, une boisson qui contient un peu de sucre et de sel devient utile, et vous pouvez la préparer vous-même pour quelques centimes.
Je suis entraîneur sportif à Dax, je cours tous les jours et je surfe sur la côte landaise : deux pratiques où l’on se déshydrate sans s’en rendre compte. Voici des repères simples, sans produit à acheter.
Pourquoi l’eau compte autant à l’effort
Quand vous courez, pédalez ou ramez sur une planche, vos muscles produisent de la chaleur. Le corps l’évacue surtout par la transpiration, et cette sueur emporte de l’eau et du sodium. Selon la chaleur, l’intensité et votre gabarit, la perte va d’environ 0,5 à plus de 2 litres par heure : l’écart entre deux personnes est énorme, c’est pour cela qu’aucune règle unique ne marche pour tout le monde.
Au-delà d’une perte d’environ 2 % du poids du corps (1,4 kg pour une personne de 70 kg), la plupart des études observent une baisse des performances en endurance : le cœur bat plus vite pour une même allure, la sensation d’effort grimpe, la lucidité baisse. Ce n’est pas dangereux en soi, mais c’est le moment où une sortie agréable devient une galère.
Les signes que votre corps manque d’eau
On imagine souvent la déshydratation comme un malaise spectaculaire. Dans la réalité, les signaux sont discrets et arrivent bien avant. Voici ceux qu’il faut savoir reconnaître, au quotidien comme à l’entraînement :
- **La soif** : c’est un signal d’alarme utile, mais il arrive alors que le déficit a déjà commencé.
- **Des urines foncées et rares** : une urine jaune paille indique un bon état ; ambre foncé, il manque de l’eau.
- **Un mal de tête** en fin de séance ou en fin de journée, souvent pris à tort pour de la fatigue.
- **Une baisse de concentration**, des erreurs bêtes, une impression de « tête dans le coton ».
- **Des vertiges** en se relevant ou à l’arrêt de l’effort, liés à une pression artérielle qui chute.
- **Une fatigue inhabituelle** pour une séance que vous connaissez bien.
- **Une bouche et une peau sèches**, et parfois une constipation les jours suivants.
- **Des crampes** : la déshydratation peut y contribuer, mais la fatigue musculaire en est souvent la cause principale.
Ces signes ne se valent pas : la couleur des urines et la pesée sont fiables, les crampes beaucoup moins. Si vous avez des vertiges importants, une confusion ou des nausées qui ne passent pas après avoir bu, arrêtez-vous et consultez.
Combien boire avant, pendant et après le sport
Les recommandations de l’American College of Sports Medicine servent de base à la plupart des fédérations. Je les ai traduites en repères concrets.
| Moment | Quantité repère | Comment faire |
|---|---|---|
| Dans les 4 heures avant | 5 à 7 ml par kg (350 à 500 ml pour 70 kg) | Un grand verre d’eau au réveil puis un autre au repas qui précède |
| Pendant, séance de moins d’1 h | Selon la soif, souvent 0 à 500 ml | Eau simple |
| Pendant, séance de plus d’1 h | 0,4 à 0,8 litre par heure | Petites gorgées toutes les 15 à 20 minutes, boisson légèrement sucrée et salée |
| Après | 1,25 à 1,5 litre par kg perdu | Réparti sur 2 à 3 heures, avec un repas ou une collation salée |
Le chiffre qui compte vraiment, c’est le vôtre. Pour le connaître, pesez-vous nu juste avant une sortie d’une heure, sans boire pendant, puis pesez-vous de nouveau après vous être séché. Un kilo perdu correspond à peu près à un litre de sueur. Refaites le test par temps chaud et par temps frais : vous aurez votre fourchette personnelle, bien plus utile qu’un tableau général.
Boisson isotonique maison : la recette simple
Une boisson isotonique a une concentration proche de celle du sang. Elle contient en général 6 à 8 % de sucre et un peu de sodium, ce qui aide l’eau à passer plus vite dans l’organisme et apporte de l’énergie sur les efforts longs. Ne la confondez pas avec une boisson énergisante (caféine, taurine), qui n’a rien à faire dans votre gourde.
Ma base pour un litre :
- 1 litre d’eau ;
- 60 g de sucre ou de miel (environ 4 cuillères à soupe) ;
- 1 à 1,5 g de sel, soit une petite pincée (un quart de cuillère à café rase) ;
- le jus d’un citron ou d’une orange pour le goût.
Variante plus douce : moitié jus de raisin ou de pomme, moitié eau, et la même pincée de sel. Testez toujours votre mélange à l’entraînement, jamais pour la première fois le jour d’une course : certains intestins tolèrent mal le sucre à l’effort.
Le cas du surf, du ski et du froid
Les guides d’hydratation parlent presque tous de course à pied par temps chaud. Pourtant, on se déshydrate aussi dans l’eau et dans la neige, et souvent davantage qu’on ne le croit.
En surf, vous transpirez dans votre combinaison sans le sentir, parce que l’eau froide masque la chaleur. Le froid et l’immersion augmentent aussi le besoin d’uriner. Et vous ne pouvez pas boire au line-up. Ma règle : un demi-litre dans l’heure qui précède, une gourde dans la voiture pour la pause entre deux sessions, et une vraie réhydratation en sortant. Le choix de votre combinaison de surf selon la saison joue aussi : trop épaisse au printemps, elle vous fait transpirer pour rien.
En snowboard ou en ski de randonnée, l’air froid et sec de la montagne fait perdre de l’eau à chaque respiration, et la soif se fait moins sentir par temps froid. Glissez une gourde isotherme dans le sac, buvez à chaque remontée ou pause, et surveillez la couleur des urines le soir.
Quelle boisson choisir selon la séance
- **Moins d’une heure, intensité modérée** : de l’eau. Rien d’autre n’est nécessaire.
- **Plus d’une heure, ou forte chaleur** : la boisson isotonique maison ou une boisson du commerce équivalente.
- **Après une séance très longue** : de l’eau avec un repas salé, ou un verre de lait, qui réhydrate très bien grâce à ses protéines et à ses minéraux.
- **Café et thé** : en quantité habituelle, ils comptent dans votre hydratation de la journée. L’alcool, lui, retarde la récupération : attendez d’être réhydraté.
L’hydratation va de pair avec l’assiette : les glucides et le sel que vous mangez aident l’eau à rester dans l’organisme. Je détaille les repas avant et après l’effort dans mon guide sur la nutrition des sportifs d’endurance.
Les erreurs que je vois le plus souvent
- **Ne rien boire de la journée et tout rattraper avant la séance** : vous arrivez avec un litre dans l’estomac et un point de côté au bout de dix minutes.
- **Boire beaucoup trop sur une épreuve longue** : boire plus que ce que l’on transpire, surtout avec de l’eau pure, dilue le sodium du sang. C’est l’hyponatrémie, rare mais sérieuse, qui touche surtout des coureurs lents sur marathon ou trail. Si vous prenez du poids pendant une course, vous buvez trop.
- **Oublier l’après** : la réhydratation fait partie de la récupération après l’effort, au même titre que le sommeil et le repas.
- **Juger son hydratation à la seule soif par temps froid** : en hiver et dans l’eau, elle vous trompe.
Hydratation et sport : vos questions
Comment se réhydrater après le sport ?
Pesez-vous avant et après la séance : chaque kilo perdu demande environ 1,25 à 1,5 litre de liquide, à boire en plusieurs fois sur deux à trois heures plutôt que d’un trait. Associez cette eau à un repas ou une collation salée : le sodium aide le corps à la garder au lieu de l’éliminer aussitôt. Vos urines doivent redevenir jaune clair dans la soirée.
Quelle est la boisson la plus hydratante ?
Pour la vie courante et une séance de moins d’une heure, l’eau reste le meilleur choix. Les études qui comparent les boissons montrent que le lait et les solutions de réhydratation, qui contiennent du sodium, restent plus longtemps dans l’organisme que l’eau pure. Après un effort long ou très chaud, un verre de lait ou une boisson isotonique maison réhydrate donc un peu mieux que l’eau seule.
Quels sont les signes qu'un corps se déshydrate ?
Les premiers signes sont la soif, des urines foncées et rares, une bouche sèche, un mal de tête et une baisse de concentration. Viennent ensuite la fatigue inhabituelle et les vertiges, surtout en se relevant. Pendant le sport, une allure qui devient dure sans raison en est souvent le signal. Une confusion ou des nausées persistantes imposent d’arrêter et de consulter.
Faut-il attendre d'avoir soif pour boire pendant le sport ?
Sur une séance de moins d’une heure par temps tempéré, boire selon sa soif suffit. Sur un effort plus long ou par forte chaleur, mieux vaut anticiper avec quelques gorgées toutes les 15 à 20 minutes, car la soif arrive quand le déficit a déjà commencé. Par temps froid et dans l’eau, la soif est moins fiable : prévoyez vos prises à l’avance.