Préparation physique
Entraînement en altitude : ce que ça change pour un sportif amateur
Ce que l'altitude fait au corps entre 1 000 et 2 500 m, le temps qu'il faut pour s'y adapter, et comment aborder un séjour au ski ou une sortie en montagne.
En altitude, l’air contient toujours 21 % d’oxygène, mais la pression baisse : à 2 000 m, chaque inspiration apporte environ un cinquième d’oxygène en moins qu’au niveau de la mer. Pour un sportif amateur qui part skier, rider ou courir entre 1 500 et 2 000 m, cela se traduit par un souffle plus court, un cœur qui monte plus vite et une récupération plus lente les premiers jours. L’entraînement en altitude, au sens des stages d’athlètes, vise à transformer cette contrainte en gain. Pour vous, l’enjeu est plus simple : bien vivre les premiers jours, adapter l’intensité et ne pas confondre fatigue normale et mal des montagnes.
C’est quoi, l’altitude en sport ?
En sport, on parle d’altitude dès que la baisse d’oxygène disponible modifie la performance ou l’organisme. Les physiologistes distinguent en général :
- La basse altitude, jusqu’à environ 1 500 m : effets faibles, perceptibles surtout sur les efforts longs et intenses.
- L’altitude modérée, de 1 500 à 2 500 m : c’est la zone de la plupart des stations de ski et des stages d’endurance. Effets nets sur l’essoufflement et la récupération.
- La haute altitude, au-delà de 2 500 m : le mal aigu des montagnes devient fréquent, l’entraînement intense est difficile.
Ce que l’altitude change, palier par palier
Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur. La pression atmosphérique est une donnée physique stable ; les effets sur l’organisme, eux, varient beaucoup d’une personne à l’autre.
| Altitude | Pression atmosphérique (environ) | Oxygène disponible par rapport à la mer | Ce que ressent un amateur |
|---|---|---|---|
| 0 m | 1 013 hPa | 100 % | Référence |
| 1 000 m | 900 hPa | environ 89 % | Presque rien au repos ; léger essoufflement sur un effort intense |
| 1 500 m | 845 hPa | environ 83 % | Souffle plus court en montée, cœur plus haut à allure égale |
| 2 000 m | 795 hPa | environ 78 % | Allure d’endurance plus lente, sommeil parfois agité les premières nuits |
| 2 500 m | 750 hPa | environ 74 % | Maux de tête possibles, risque de mal des montagnes |
À 1 000 mètres
Les effets restent discrets. Au repos, vous ne sentez rien. Sur un effort long et soutenu, la consommation maximale d’oxygène (VO2max) baisse légèrement, de l’ordre de quelques pour cent chez les sportifs entraînés. Pas besoin d’adapter votre programme pour une randonnée ou une sortie running à cette altitude.
À 1 500 mètres
C’est le seuil à partir duquel la plupart des gens notent une différence. La perte de VO2max est souvent estimée autour de 1 % par tranche de 100 m au-dessus de 1 500 m, avec de fortes variations individuelles. Concrètement, une montée que vous avalez sans souci au bord de l’océan vous mettra dans le rouge plus vite.
À 2 000 mètres
Votre allure d’endurance habituelle devient un effort soutenu. La fréquence cardiaque monte de plusieurs battements à effort égal, la ventilation augmente, l’air sec et froid vous fait perdre plus d’eau par la respiration. Le sommeil des premières nuits est souvent moins réparateur. C’est aussi l’altitude où quelques personnes sensibles commencent à ressentir des symptômes de mal des montagnes.
Le mal des montagnes : à partir de quelle altitude ?
Le mal aigu des montagnes apparaît le plus souvent au-dessus de 2 500 m, parfois dès 2 000 m chez les personnes sensibles ou après une montée rapide. Les signes : maux de tête, nausées, fatigue inhabituelle, perte d’appétit, sommeil perturbé, apparaissant dans les heures qui suivent l’arrivée. La condition physique ne protège pas : un marathonien peut y être plus sensible qu’un sédentaire.
La règle est simple : si les symptômes apparaissent, on ne monte pas plus haut et on se repose ; s’ils s’aggravent, on redescend. Une difficulté à respirer au repos, une toux persistante, une confusion ou une marche instable sont des signes d’urgence : redescendez et appelez les secours. Si vous avez des antécédents cardiaques ou respiratoires, voyez votre médecin avant un séjour au-dessus de 2 000 m.
Combien de temps pour s’acclimater ?
L’organisme réagit en plusieurs temps :
- Dans les premières heures : la respiration et le rythme cardiaque s’accélèrent pour compenser.
- Après 2 à 4 jours : la plupart des gens se sentent mieux à 1 500 et 2 000 m. Le sommeil se régularise.
- Après 1 à 3 semaines : le volume de globules rouges commence à augmenter, sous l’effet de l’érythropoïétine (EPO) produite naturellement par les reins.
- Au-delà de 3 à 4 semaines : c’est la durée visée par les stages d’athlètes pour obtenir un gain mesurable.
Pour une semaine de ski, vous ne profiterez donc pas d’effet « dopant » de l’altitude : le séjour est trop court. L’objectif est de passer les trois premiers jours sans vous épuiser.
L’entraînement en altitude chez les athlètes
Les coureurs de demi-fond et de fond utilisent l’altitude depuis les années 1960. La méthode la plus étudiée s’appelle « vivre en haut, s’entraîner en bas » : dormir et vivre vers 2 000 à 2 500 m pour stimuler la production de globules rouges, mais faire les séances intenses plus bas pour garder la qualité d’entraînement. Les études menées par Benjamin Levine et James Stray-Gundersen à la fin des années 1990 ont popularisé ce modèle.
Les résultats sont réels chez certains athlètes et faibles, voire nuls, chez d’autres. Un stage se prépare avec un entraîneur, demande au moins trois semaines, et ne vaut que si le reste de l’entraînement est déjà bien construit. Pour un amateur, c’est rarement la priorité.
Partir skier, rider ou courir en altitude : le plan des premiers jours
Voici ce que je conseille à un amateur qui monte une semaine entre 1 500 et 2 000 m.
Avant le séjour
– Arrivez avec une bonne base d’endurance : deux à trois sorties de 30 à 45 minutes par semaine pendant le mois qui précède font une vraie différence. – Renforcez cuisses et gainage, que la neige va solliciter. – Arrivez reposé : une semaine surchargée juste avant le départ se paie là-haut.
Les trois premiers jours
– Intensité réduite : en course, ralentissez de 20 à 30 secondes au kilomètre, ou fiez-vous à l’essoufflement (vous devez pouvoir parler). Sur les pistes, journées plus courtes, pauses plus fréquentes. – Hydratation : l’air sec et la ventilation accrue augmentent les pertes. Buvez régulièrement, sans attendre la soif ; notre article sur l’hydratation dans les sports d’endurance détaille les repères. – Alimentation : gardez des glucides à chaque repas, l’organisme en altitude s’appuie davantage sur eux. Les principes de base sont ceux de la nutrition du sportif d’endurance. – Sommeil : des nuits agitées sont fréquentes au début. Couchez-vous tôt, limitez l’alcool, qui aggrave la déshydratation et perturbe la respiration nocturne. – Soleil : le rayonnement UV augmente d’environ 10 % tous les 1 000 m selon l’OMS. Crème, lunettes, lèvres protégées.
Après le séjour
De retour au niveau de la mer, vous ne serez pas transformé : une semaine ne suffit pas pour produire plus de globules rouges. En revanche, vous aurez souvent accumulé de la fatigue musculaire. Prévoyez deux ou trois jours légers avant de reprendre les séances dures ; la récupération après l’effort compte autant que l’entraînement.
Pour préparer le corps à la saison, parcourez aussi la rubrique préparation physique.
Entraînement en altitude : vos questions
C'est quoi l'altitude sport ?
On parle d’altitude en sport quand la baisse de pression atmosphérique réduit assez l’oxygène disponible pour modifier l’effort. Les effets deviennent nets vers 1 500 m. L’entraînement en altitude consiste à séjourner plusieurs semaines entre 1 800 et 2 500 m environ pour pousser l’organisme à produire plus de globules rouges, une méthode surtout utilisée par les athlètes d’endurance.
Quels sont les effets de l'altitude à 1000 mètres ?
À 1 000 m, l’oxygène disponible est d’environ 89 % de celui du niveau de la mer. Au repos, on ne ressent rien. Sur un effort long et intense, la capacité aérobie baisse légèrement, de quelques pour cent chez les sportifs entraînés. Il n’y a pas de risque de mal des montagnes à cette altitude, ni de besoin d’adapter un programme d’entraînement amateur.
Où faire un stage en altitude ?
En France, le Centre national d’entraînement en altitude de Font-Romeu, à 1 850 m, accueille sportifs de haut niveau et groupes. La station de Tignes, vers 2 100 m, est aussi utilisée par des équipes et des clubs. À l’étranger, Saint-Moritz en Suisse et Iten au Kenya sont des destinations connues des coureurs. Pour un amateur, une station entre 1 500 et 2 000 m bien équipée suffit.
Combien de temps faut-il pour s'acclimater à l'altitude ?
Entre 1 500 et 2 000 m, la plupart des personnes se sentent bien après 2 à 4 jours. L’augmentation des globules rouges, elle, demande une à trois semaines pour commencer et trois à quatre semaines pour donner un gain mesurable. Pendant les premiers jours, réduisez l’intensité, buvez régulièrement et dormez davantage pour faciliter l’adaptation.