Aller au contenu

Surf

Surf en hiver : l’eau froide des Landes ou le soleil

L'hiver est la saison des belles houles sur la côte landaise. Ce qu'il faut pour y surfer sans risque, et où partir si l'eau froide vous arrête.

Un surfeur en combinaison d'hiver intégrale marche vers les vagues sous un ciel gris

Le surf en hiver n’est pas réservé aux voyageurs : sur la côte landaise, c’est souvent la meilleure saison de vagues. Les dépressions de l’Atlantique Nord envoient des houles longues et régulières, les plages sont vides et les sessions se font entre surfeurs du coin. En contrepartie, l’eau descend autour de 12 à 14 °C, les vagues sont plus puissantes et les plages ne sont plus surveillées. Voici comment surfer l’hiver dans les Landes sans se mettre en danger, puis quelques destinations au chaud si vous préférez partir.

Pourquoi l’hiver est la saison des vagues

De l’automne à la fin de l’hiver, les tempêtes se forment loin au large, entre Terre-Neuve et l’Islande. La houle qu’elles génèrent voyage des centaines de kilomètres et arrive organisée en séries, avec une période souvent supérieure à 12 secondes. C’est ce qui donne des vagues plus hautes et plus puissantes qu’en été. Les vents d’est, fréquents par temps froid et sec, soufflent de la terre vers la mer sur la côte landaise : ils creusent les vagues et lissent la surface.

Le revers est simple : ce qui fait le bonheur des surfeurs confirmés peut dépasser un débutant. Une houle de 2 mètres à 14 secondes de période n’a rien à voir avec un mètre de clapot estival. Avant chaque session, consultez les prévisions de houle (hauteur, période, direction) et le vent, puis regardez le spot au moins dix minutes.

Surfer l’hiver dans les Landes

L’équipement contre le froid

Avec une eau entre 12 et 14 °C et un air parfois proche de 5 °C le matin, la combinaison fait toute la différence entre une session de deux heures et un retour au parking au bout de vingt minutes.

  • Combinaison intégrale 4/3 mm au minimum, idéalement à zip poitrine, plus étanche. Les frileux et ceux qui restent longtemps à l’eau passent en 5/4 mm, certaines avec cagoule intégrée.
  • Chaussons de 3 à 5 mm : des pieds gelés perdent toute sensibilité sur la planche.
  • Gants de 2 à 3 mm les jours les plus froids, et une cagoule ou un bonnet en néoprène si vous êtes sensible des oreilles.
  • Pour l’après : un poncho, un bidon d’eau chaude pour se rincer les pieds et une boisson chaude dans un thermos.

Pour bien choisir l’épaisseur, notre guide sur la combinaison selon la saison détaille les températures et les coupes. Pensez aussi aux oreilles : l’eau froide et le vent répétés favorisent l’exostose, cette excroissance osseuse du conduit auditif qu’on surnomme l’oreille du surfeur. Des bouchons adaptés la limitent.

Le corps dans l’eau froide

Le froid raidit les muscles et ralentit les réflexes. Échauffez-vous au moins dix minutes sur le sable, combinaison enfilée : rotations d’épaules, montées de genoux, squats, quelques pop-ups. Vous entrerez dans l’eau avec des épaules chaudes, ce qui change tout pour passer la barre. Pendant la session, la rame demande plus d’énergie qu’en été : l’eau est plus dense, les vagues plus fortes et la combinaison plus épaisse gêne un peu les bras.

Mangez avant de partir, buvez même si vous n’avez pas soif, et fixez-vous une durée raisonnable. Les signes à ne pas ignorer : frissons qui ne s’arrêtent plus, mains qui ne ferment plus, gestes maladroits, idées confuses. Dans ce cas, on sort, on se change vite et on se réchauffe. L’intersaison est d’ailleurs le bon moment pour entretenir le dos et les épaules par la natation ou le renforcement, afin d’aborder les grosses journées en forme.

Les règles de sécurité de l’hiver

  • Pas de surveillance : les postes de secours des plages landaises ne sont ouverts qu’en saison estivale. L’hiver, personne ne vous voit depuis la plage.
  • Jamais seul, et toujours en prévenant quelqu’un de votre spot et de votre heure de retour.
  • Les courants : les baïnes et les courants d’arrachement existent toute l’année et se renforcent avec la houle. Repérez les zones où l’eau sort vers le large, moins de mousse, surface plus lisse.
  • Les jours courts : en décembre, le soleil se couche avant 17 h 30 sur la côte landaise. Ne commencez pas une session une heure avant la nuit.
  • Choisir son spot selon son niveau : les plages protégées par des digues, comme à Capbreton, reçoivent souvent des vagues plus petites que La Nord à Hossegor, où le Gouf de Capbreton concentre la houle. Les jours de grosse houle, il vaut mieux rester sur la plage que forcer.

Côté planche, un débutant gagne à garder un modèle volumineux l’hiver : il rame plus facilement contre le courant et rattrape plus tôt les vagues. Notre comparatif de planches de surf pour débutants aide à choisir.

Débutant : surfer l’hiver ou attendre ?

Un vrai débutant apprend plus vite au printemps ou à la fin de l’été, dans une eau plus chaude et des vagues plus petites. L’hiver reste possible, à trois conditions : un cours encadré par une école qui choisit le spot et le jour, des conditions petites (moins d’un mètre), et un équipement complet contre le froid. Certaines écoles labellisées par la Fédération française de surf proposent des cours hors saison : renseignez-vous directement auprès d’elles sur leurs dates d’ouverture. Si vous démarrez de zéro, les bases de notre guide pour apprendre le surf valent pour toutes les saisons.

Partir au chaud : quelques destinations

Si l’eau froide vous rebute, plusieurs destinations reçoivent de bonnes houles l’hiver avec une eau plus douce. Les températures indiquées sont des ordres de grandeur pour le cœur de l’hiver : vérifiez-les sur un site de météo marine pour vos dates.

  • Portugal (Ericeira, Peniche) : proche, beaucoup de spots et d’écoles. Mais l’eau y reste fraîche, souvent autour de 14 à 15 °C : la 4/3 reste de rigueur.
  • Maroc (région d’Agadir, Taghazout, Imsouane) : des pointes qui déroulent longtemps, dont certaines adaptées aux longboards et aux niveaux intermédiaires. Eau autour de 17 à 18 °C, une 3/2 suffit souvent.
  • Canaries (Fuerteventura, Lanzarote) : climat doux, eau autour de 18 à 19 °C, et un choix de spots qui va de la plage de sable au récif réservé aux experts. Lisez bien la description d’un spot avant d’y aller : beaucoup de vagues cassent sur de la roche volcanique.
  • Sénégal (presqu’île de Dakar) : des spots variés et peu fréquentés, une eau plus douce qu’en Europe.
  • Costa Rica (côte Pacifique) : l’hiver européen correspond à la saison sèche, avec une eau chaude où le short et le lycra suffisent. Le voyage est long : il se justifie pour un séjour de plusieurs semaines.

Hawaï et sa côte nord, souvent citées, sont l’hiver un terrain de surfeurs experts : on y va pour regarder Pipeline, pas pour apprendre. Quelle que soit la destination, partez avec une assurance qui couvre la pratique du surf et cherchez une école ou un guide local la première semaine. D’autres idées et conseils vous attendent dans la rubrique surf.

Surf en hiver : vos questions

Quelle combinaison pour surfer en hiver ?

Sur la côte atlantique française, où l’eau descend vers 12 à 14 °C, une combinaison intégrale 4/3 mm est le minimum, de préférence à zip poitrine. Les frileux et les longues sessions justifient une 5/4 mm, parfois avec cagoule intégrée. Ajoutez des chaussons de 3 à 5 mm et, les jours les plus froids, des gants de 2 à 3 mm. Vérifiez que la combinaison serre sans couper la respiration.

Où surfer en avril ?

En avril, la côte landaise et basque reçoit encore de belles houles, avec une eau qui reste fraîche : gardez la 4/3. Le Portugal offre des conditions proches. Pour une eau plus douce, le Maroc et les Canaries restent de bonnes options au printemps. Comme toujours, choisissez le spot selon votre niveau et consultez les prévisions de houle avant de partir.

Quelle est la vague mythique d'Espagne ?

La plus célèbre est Mundaka, au Pays basque espagnol : une longue gauche tubulaire qui casse à l’embouchure d’un estuaire, sur un fond de sable. Elle a accueilli des étapes du circuit mondial. Elle ne marche que par certaines houles et marées, et elle est réservée aux surfeurs confirmés : un débutant y est en danger et gêne les autres.

Quelle est la différence entre le snowboard et le surf ?

Le surf se pratique sur une vague qui bouge, sans fixations : on passe l’essentiel du temps à ramer et quelques secondes à glisser. Le snowboard se fait pieds fixés sur une pente stable, avec des descentes de plusieurs minutes. Le surf sollicite davantage le haut du corps, le snowboard les cuisses. Les sensations de virage, en revanche, se ressemblent beaucoup.

Partager cet article

À lire ensuite